Introduction
Le Vibe Coding est partout. Dans les démos d’outils IA, dans les discussions entre développeurs, designers et product managers, et parfois déjà… dans la production. La promesse est séduisante : aller plus vite, prototyper sans friction, transformer une idée en fonctionnalité en quelques prompts bien sentis. Bref, accélérer.
Mais derrière cette accélération, une question commence à émerger dans les équipes : à quel prix ? Qualité du produit, lisibilité du code, alignement Design–Tech–Product, dette technique ou organisationnelle… Le Vibe Coding est-il une avancée géniale ou un chaos en devenir ?
C’est précisément cette tension qu’on a explorée lors du meetup Monsieur Guiz du vendredi 12 décembre, animé par Yann Goradesky, avec Tony Nonnenmacher (Head of Design chez Monsieur Guiz) et Rudy Thimotée (CTO chez Humanskills, IA enthousiast). Une discussion sans dogme, ancrée dans le terrain, pour dépasser le buzz et comprendre ce que le Vibe Coding change vraiment dans nos pratiques.
Vibe Coding : de quoi parle-t-on vraiment ?
Avant de débattre de ses effets, encore faut-il s’entendre sur ce qu’on met derrière le terme Vibe Coding. Derrière ce buzzword un peu fourre-tout, on ne parle pas simplement de “coder avec de l’IA”. On parle surtout d’une nouvelle posture face au développement.
Le Vibe Coding, c’est cette capacité à transformer une intention — une idée produit, un besoin utilisateur, une intuition design — en code fonctionnel, en s’appuyant massivement sur des outils d’IA générative. Le développeur (ou parfois le designer, ou le PM) ne rédige plus chaque ligne : il oriente, corrige, ajuste, en dialoguant avec l’IA.
La différence est là : il ne s’agit pas de laisser l’IA “faire à la place”, mais de travailler avec elle, dans une logique d’exploration rapide. On teste, on itère, on affine. Le feedback est immédiat, la friction diminue, la créativité augmente.
C’est précisément ce qui rend le Vibe Coding si attractif aujourd’hui. Dans des contextes où la pression sur le time-to-market est forte, où les équipes doivent livrer vite et apprendre encore plus vite, cette approche donne l’impression — parfois justifiée — de débloquer un nouveau niveau de vitesse.
👉 Le point clé, rappelé pendant le meetup : le Vibe Coding n’est pas un problème en soi. Le vrai sujet commence quand cette accélération individuelle n’est plus alignée avec le fonctionnement collectif de l’équipe.
Accélération individuelle vs chaos collectif
Sur le papier, le Vibe Coding coche toutes les cases de l’efficacité moderne : moins de friction, plus d’autonomie, des boucles de feedback ultra-courtes. Un développeur peut explorer plusieurs pistes techniques en quelques heures. Un designer peut prototyper une interaction sans attendre un sprint complet. Un PM peut matérialiser une idée pour la tester plus vite.
Mais c’est précisément là que la tension apparaît. Ce qui accélère l’individu ne fait pas toujours gagner du temps au collectif. Lors du meetup, ce point est revenu à plusieurs reprises : quand chacun “vibe code” dans son coin, le risque n’est pas tant le bug immédiat que la perte de lisibilité globale.
On voit alors apparaître des signaux faibles : du code difficile à maintenir, des choix techniques implicites, des décisions produit prises sans arbitrage explicite. À court terme, tout va vite. À moyen terme, l’équipe commence à payer le prix de cette vitesse non partagée.
Côté Tech, la question de la dette est centrale. Une IA peut générer du code fonctionnel, mais elle ne porte ni la vision long terme du produit, ni la responsabilité de sa maintenabilité. Sans cadre clair, l’accumulation de solutions « qui marchent » peut rapidement devenir un empilement fragile.
👉 L’enseignement clé du meetup : le Vibe Coding devient problématique non pas quand il est utilisé, mais quand il est utilisé sans règles communes, sans relecture collective et sans alignement sur les objectifs du produit.
Design, Tech, Product : qui garde la maîtrise ?
Quand le Vibe Coding s’invite dans les équipes, il ne bouscule pas seulement la façon de coder. Il redéfinit les frontières entre les rôles. Et c’est souvent là que les vrais sujets apparaissent.
Côté Design, l’enjeu est clair : préserver l’intention. Une IA peut générer des écrans, des composants ou des animations en quelques secondes, mais elle ne comprend pas le contexte utilisateur, les compromis d’expérience ou la cohérence globale du parcours. Sans vigilance, on obtient des interfaces qui “fonctionnent”, mais qui ne racontent plus une vision produit.
Côté Tech, la question est celle de la responsabilité. Qui est comptable du code généré ? Qui décide qu’une solution est acceptable en production ? Comme l’a rappelé lors du meetup Rudy Thimotée, l’IA n’assume ni la dette, ni la sécurité, ni la maintenabilité. Ces arbitrages restent profondément humains.
Et côté Product, le risque est plus subtil mais tout aussi réel : laisser l’outil dicter le champ des possibles. Quand tout devient rapide à produire, la tentation est grande de multiplier les features, sans toujours reposer la question de la valeur réelle pour l’utilisateur ou pour le business.
👉 Message fort partagé pendant la discussion : le Vibe Coding ne doit pas court-circuiter les rôles, mais au contraire renforcer la collaboration. Sans arbitrage explicite entre Design, Tech et Product, l’IA accélère surtout… les malentendus.
Ce qui manque aujourd’hui : un cadre partagé
À écouter les retours du terrain, un constat s’impose : le problème n’est pas l’IA, mais l’absence de cadre commun autour de son usage. Le Vibe Coding révèle surtout ce qui manquait déjà dans beaucoup d’organisations : des règles claires, des pratiques partagées et une culture commune entre les équipes.
Sans cadre, chacun avance avec ses propres outils, ses propres prompts, ses propres critères de qualité. Le résultat ? Une hétérogénéité difficile à rattraper : code généré mais non documenté, décisions design implicites, arbitrages techniques non partagés.
Lors du meetup, un point a fait consensus : l’IA amplifie les écarts existants. Dans une équipe déjà alignée, elle devient un formidable accélérateur. Dans une équipe fragmentée, elle accentue le chaos.
Mettre un cadre ne veut pas dire brider l’expérimentation. Au contraire. Cela passe par des règles simples mais structurantes :
- quand et pourquoi utiliser l’IA,
- ce qui doit être relu, validé ou documenté,
- quels standards de qualité restent non négociables,
- comment Design, Tech et Product partagent leurs décisions.
👉 Le vrai levier, ce n’est donc pas le prompt parfait, mais une culture IA partagée, comprise et assumée par toute l’équipe.
Passer du “vibe” à la maîtrise : comment on fait chez Monsieur Guiz
Chez Monsieur Guiz, on ne voit pas le Vibe Coding comme une fin en soi, mais comme un levier parmi d’autres. Un levier puissant, oui — à condition d’être intégré dans un cadre clair, partagé et actionnable par les équipes.
Concrètement, cela commence par arrêter de penser l’IA uniquement comme une question d’outils. Ce qui fait la différence sur le terrain, ce sont les usages, les règles du jeu et la capacité des équipes à parler le même langage, côté Design, Tech et Product.
C’est dans cette logique qu’on a construit notre toolbox IA Monsieur Guiz :
- des cas d’usage concrets pour le Product, le Design et la Tech,
- des cadres d’aide à la décision pour savoir quand (et quand ne pas) utiliser l’IA,
- des exemples de prompts contextualisés,
- et surtout, des bonnes pratiques pour éviter que l’accélération individuelle ne se transforme en dette collective.
Mais une toolbox ne suffit pas toujours. Selon la maturité des équipes, on intervient aussi via :
- des formations IA adaptées aux métiers (Product, Design, Tech, Ops),
- des ateliers d’acculturation pour aligner les équipes,
- et des accompagnements sur mesure pour poser une gouvernance IA pragmatique, sans freiner l’expérimentation.
👉 L’objectif reste le même : aider les équipes à tirer le meilleur de l’IA sans perdre la maîtrise de leur produit.
Conclusion : accélérer, oui — abandonner la maîtrise, non
Le Vibe Coding n’est ni une mode passagère, ni une solution miracle. C’est le symptôme d’un mouvement plus profond : l’IA est désormais un acteur à part entière de nos pratiques Product, Design et Tech.
Utilisé sans cadre, il peut effectivement créer du chaos. Mais intégré intelligemment, avec des règles partagées et une culture commune, il devient un formidable accélérateur d’apprentissage, d’exploration et de delivery.
Ce que ce meetup a mis en lumière, c’est une chose simple : les équipes qui tireront vraiment parti de l’IA ne seront pas celles qui codent le plus vite, mais celles qui savent collectivement décider quand, pourquoi et comment l’utiliser.
Aller plus loin avec Monsieur Guiz
🚀 Passer du Vibe Coding à une pratique maîtrisée
👉 Découvrez la toolbox IA Monsieur Guiz
Une sélection de cas d’usage, de cadres et de bonnes pratiques pour Product, Design et Tech. Pensée pour accélérer avec l’IA, sans sacrifier la qualité ni la collaboration.
🎓 Former vos équipes à l’IA (pas juste aux outils)
On propose des formations IA adaptées aux métiers du Product, du Design, de la Tech et des Ops : acculturation, usages avancés, mise en pratique concrète.
👉 Objectif : aligner les équipes sur des usages IA responsables, efficaces et partagés.
🤝 Construire votre cadre IA sur mesure
Besoin d’aller plus loin ? On accompagne les organisations dans la mise en place d’une gouvernance IA pragmatique : règles d’usage, outillage, pratiques d’équipe et pilotage.
👉 Pour accélérer durablement, sans créer de dette organisationnelle.
▶️ Voir ou revoir le meetup
Vous avez manqué le meetup ou souhaitez revoir les échanges ?
👉 Accédez au replay du meetup “Vibe Coding : accélération géniale ou chaos organisé ?”
1h00 de retours terrain et de débats entre Design, Tech et IA, animés par la Guiz team.

Chief Design & Content Officer chez Michelin](https://blog.monsieurguiz.fr/wp-content/uploads/2026/01/Bannieres-de-blog-1500-x-600-px.png)
